mercredi 6 octobre 2021

Petite histoire et grande pandémie

Malgré ces longs mois d'enfermement et de restrictions, je n'ai jamais pris la plume pour écrire sur la pandémie. Alors que le bout du tunnel est désormais de plus en plus visible, le moment est sans doute venu de vous raconter une petite histoire à ce sujet. Il y a près d'un an, en novembre 2020, j'étais, comme beaucoup d'entre vous, devant un écran en pyjama, à faire des réunions avec d'autres gens en pyjama, dont certains étaient très mal rasés. Je me sentais emprisonné mentalement et l'arrivée de l'hiver, couplée aux dernières décisions et mesures restrictives en tout genre, ne me laissait entrevoir que peu d'options de vie ou de réjouissances à moyen terme, à l'exception de quelques sorties furtives emmitouflées et de deux ou trois cuisses de poulet livrées à domicile. Et puis un matin, j'ai eu un déclic: ce virus ne va plus bloquer ma vie! La Colombie m'avait déjà inspiré et rappelé plusieurs fois depuis mon premier voyage en 2015. J'avais eu l'impression que tout était devenu compliqué. Les médias nous répétaient sans cesse qu'il était difficile de se déplacer ne fut-ce qu'à Paris, alors imaginez Medellín. Mais c'était trop tard. Désormais, j'avais décidé que plus rien n'allait m'arrêter: j'allais retourner en Colombie et y acheter un appartement. J'allais vivre comme si le monde était redevenu normal, jusqu'à ce qu'une loi, une règlementation ou un agent tente de m'en empêcher. A ma grande surprise, il y avait beaucoup de vols pour la Colombie et ils étaient particulièrement bon marché. Quand je suis monté dans l'avion, j'avais quatre places libres pour m'allonger et arrivé sur place, il n'y avait aucune file au poste de contrôle migratoire. Là-bas, j'ai réalisé qu'à part les mesures sanitaires habituelles (masque, distance, hygiène des mains, densité contrôlée en intérieur, horaires adaptés), tout était ouvert! En deux semaines, j'ai trouvé l'appartement de mes rêves dans le quartier que je connaissais le mieux, à Envigado. C'était d'abord un investissement pour le futur, les prix étant en train de croître fortement dans le pays. Je ne comptais pas m'y installer tout de suite et ça tombait bien, il était loué par une "bonne personne", "una buena persona" comme on dit ici. Je lui ai dit que je reviendrais en janvier pour signer l'acte final chez le notaire et qu'on ferait un nouveau contrat de location aux mêmes conditions car le plus important pour moi, c'était qu'elle prenne soin de l'appartement. Vers la mi-janvier, je suis revenu à Envigado et j'ai invité ma locataire à prendre un café pour signer le contrat. Nous nous sommes mariés six mois plus tard. Moralité: aucune pandémie ne peut vous empêcher de vivre et quand vous êtes sur le bon chemin, le vôtre, il vous arrive de très belles choses!